16 juin 2009...15:17

La paix, version Netanyahu : mais où est l’Etat palestinien ?

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netanyahuLe discours du Premier ministre israélien, prononcé dimanche 14 juin, est loin d’avoir satisfait le monde. Benjamin Netanyahu s’est déclaré en faveur d’un Etat palestinien démilitarisé et contre le droit au retour des réfugiés et l’arrêt de la colonisation, un des principaux obstacles à la création d’un quelconque Etat. Des conditions intenables pour l’Autorité palestinienne, qui appelle Israël a changé de cap.

Imaginez Israël, première puissance économique et militaire régionale et vivant aux côtés… d’un Etat palestinien démilitarisé. En d’autres termes, sans armée, dépourvu du contrôle de ses frontières et de ses espaces aérien et maritime, eux-mêmes assurés par l’Etat hébreu. Un Etat palestinien sans Jérusalem(-est), restant ainsi la capitale « indivisible » d’Israël. Ce dernier continuera sa « croissance naturelle » – son expansion coloniale, soit dit en passant- en Cisjordanie, morcelant ainsi les terres des Palestiniens. En revanche, les réfugiés le resteront à jamais, Israël leur refusant tout droit au retour en Palestine de 1948 car ils mettront « en péril » le caractère juif de l’Etat.

Voilà le « shalom », la paix qu’imagine Benjamin Netanyahu à la lumière de son discours prononcé (et très applaudi) dimanche 14 juin à Tel-Aviv (Israël). Celui-ci fut le premier de politique étrangère depuis son élection en février dernier. On peut lire dans les journaux et sur la toile que le dirigeant israélien a « accepté l’idée d’un Etat palestinien », qu’il a fait un « grand pas en avant » vers la paix… Le discours « très attendu » a plutôt confirmé, pour les Palestiniens et leurs défenseurs, qu’Israël n’a pas l’intention de reprendre les pourparlers de paix d’aucune manière. Les récents appels de Barack Obama à la création d’un Etat palestinien viable et souverain restent lettre morte.

Zéro marge de manœuvre pour les Palestiniens

Pour ne pas froisser son ami israélien, Obama a parlé d’un « important pas en avant ». Quant à Bernard Kouchner, il a salué, dimanche, « la perspective tracée » par Israël. De la diplomatie, dites-vous ? De quelle perspective et quel pas en avant parle-t-on ? Aucune des conditions émises par les dirigeants et chefs politiques palestiniens et pas même de l’actuelle administration américaine n’ont été satisfaites.

Ainsi, au gel de la colonisation en Cisjordanie, illégale du point de vue du droit international, auquel Obama a insisté, Netanyahu a enfin dit « non », évoquant le principe de « croissance naturelle » des implantations existantes.

Le discours a vite été dénoncé par Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité palestinienne, et le Hamas. « Les propos de Netanyahu ont sapé toutes les initiatives, paralysé tous les efforts en cours et défié les positions palestiniennes, arabes et américaines », a déploré Nabil Abou Rdainah, porte-parole de M. Abbas. Ce dernier s’est tout naturellement refusé à la reprise des négociations avec Israël tant que son gouvernement n’aura pas cédé à la solution de deux Etats viables et indépendants. La paix au Proche-Orient, décidément, ça ne sera pas pour demain !

Hanan Ben Rhouma


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